II. LES FESTIVITES

L’organisation de festivités entre pleinement dans les fonctions d’une Association Générale comme celle de Rennes. Elle répond, en effet, a deux buts de l’A : entretenir de bonnes relations de camaraderie entre les étudiants et faire œuvre de bienfaisance. Ainsi, les bénéfices, s’ils alimentent pour une part la caisse de l’Association, profitent également à divers groupements caritatifs. Mais ce qui compte dans les lignes qui suivent, c’est de s’amuser. Et les occasions sont nombreuses : carnavals, revues théâtrale, bals,…

A. Le Mardi-Gras et la Mi-Carême

Le mardi-gras est mis à profit par les étudiants pour mettre en scène quelques facéties. Mais la première place revient sans conteste à la mi-carême. En effet, les festivités organisées à cette occasion par les étudiants prennent rapidement de l’ampleur. Et elles deviennent l’un des quelques grands rendez-vous annuels qui, à Rennes, attirent les foules. L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais en retire un surcroît de notoriété.


Décidément, le dynamisme des étudiants rennais s’illustre dans tous les domaines dès la première année d’après-guerre. La réussite de leur monôme général a rassuré les plus pessimistes : preuve est faite de leur entrain et de leur organisation malgré quatre ans sans pratique. Ils pensent alors tout logiquement à mettre sur pied la mi-carême, comme le faisaient, avant-guerre, leurs prédécesseurs. Seules les finances leur manquent. Ils en appellent donc au soutien des commerçants rennais par l’intermédiaire de leur journal.

Par ce dernier, les étudiants préparent aussi la population aux fêtes du mardi-gras. La venue à Rennes d’un certain Poupinel, président de l’Œuvre des « Escargots Tuberculeux », est annoncée. Le 17 février, les étudiants costumés mettent en scène une réception à la gare, prononcent des discours et forment un défilé à travers la ville  [1]. Bref, bonne humeur et dérision sont au rendez-vous. Et ce n’est qu’un aperçu de ce que doivent être les fêtes de la mi-carême.

Celles-ci se déroulent le samedi 13 et le dimanche 14 mars. Le défilé par les rues, très attendu, ne réunit pas moins de trente-trois chars. Le chiffre est à la hauteur de l’effort fourni par les étudiants. La Reine et ses demoiselles d’honneur, accompagnées du Comité de l’Association Générale, sont reçus à l’hôtel de ville par le maire, M. Janvier. Le caractère officiel teinté de paternalisme d’une telle réception est typique de l’époque. Les festivités et l’A n’en gagnent que plus de prestige  [2].

Le Mardi-Gras

L’année 1920 est donc marquée par la renaissance des fêtes du mardi-gras et de la mi-carême. Dissocions les deux pour avoir une vue d’ensemble de chacune d’elles sur la période de l’entre-deux-guerres. Commençons par le mardi-gras.

En 1921, dans ses numéros 3 et 4, le journal L’A prépare ses lecteurs à la manifestation. De récents travaux de voirie, place de la gare, ont abouti à la suppression d’un urinoir. Les étudiants se proposent de le remplacer. Ainsi, le 8 février, a lieu l’inauguration du nouveau lieu d’aisance. Le président de l’A.G.E.R., coiffé d’un chapeau haut-de-forme et ceint de son écharpe, Vespasienne et l’empereur Vespasien comptent parmi les « personnalités » présentes à la cérémonie. Une musique ajoute encore une note de gaieté. Le midi, un banquet rassemble plus de cent couverts dans les salons Gaze. Cette tradition d’avant 1914 est donc reprise. Le maire de Rennes fait partie des notables présents. L’après-midi, la population est dans les rues et participe, pour une part, au bal qui clôt la journée  [3].

En 1922, les festivités échappent de justesse à la compression budgétaire et à la concentration des efforts pour la préparation de la mi-carême. Une quinzaine d’étudiants motivés improvisent une manifestation en deux jours. Et le 28 février, place de la Mairie, les Rennais peuvent assister au combat opposant les Mousquetaires à la Société d’Escrime Rennaise. Un banquet a lieu, ainsi qu’un bal qui accueille un peu plus de 1 400 personnes [4]. En 1923, un sujet d’actualité inspire les étudiants : la mission Haard – Audouin – Dubreuil vient d’accomplir la traversée du Sahara en auto-chenilles. On annonce leur passage à Rennes. Avant  [5] et après [6] la manifestation, les colonnes de L’A s’ouvrent largement aux reportages parodiques et aux commentaires humoristiques. De cette façon, le journal participe pleinement à l’événement et lui donne un relief particulier.

En 1925, L’A [7] présente le mardi-gras douze jours avant. Le soir du lundi 23 février, une retraite aux flambeaux est prévue. Le lendemain, le thème des réjouissances est un fait divers : une femme coupée en morceaux et jetée dans la Vilaine. Le « Haut Parquet de Mézidon » est attendu à la gare, puis doit embarquer au gué-de-Baud pour opérer des fouilles dans la rivière. L’A annonce le grand bal des Lices en clôture.

Les années suivantes, diverses personnalités sont mises à l’honneur lors des fêtes du mardi-gras. En 1931, ce sont Costes et Bellonte qui inspirent les étudiants. L’année précédente, les deux aviateurs ont fait parler d’eux en réalisant la première liaison sans escale Paris-New York. Pour le mardi-gras rennais, ce sont « les deux héros de l’air, Lacosse et Kellonte [qui] tenteront la traversée aérienne de la Vilaine ! [8] »

Mais tout a une fin et l’année 1933 marque celle des facéties traditionnelles du mardi-gras. La crise est là apportant son lot de problèmes budgétaires. L’A.G. de Rennes choisit de concentrer ses forces pour la mi-carême. Seul un bal costumé marquera donc ce jour gras devenu bien maigre [9]. Il faut dire que les fêtes de la mi-carême profitent d’une dimension et d’une renommée bien supérieures auprès des Rennais.

La Mi-Carême

En 1921, pour sa deuxième édition d’après-guerre, la mi-carême part avec un léger handicap : elle n’a pas sa reine ! « Les jeunes filles de Rennes ne sont pas capables, paraît-il, d’élire parmi elles des représentantes ainsi que cela est traditionnel partout [10]. » Qu’à cela ne tienne, il y aura un roi : Sa Majesté Carnaval Ier. Pour présenter les festivités, le journal L’A tient lieu de programme officiel. Il paraît sur huit pages, au lieu des six habituelles, et son prix passe de 25 à 50 centimes. Quelques lignes offrent un aperçu du contexte festif rennais [11]. Bien sur, il s’agit d’un point de vue étudiant mettant en avant mardi-gras et mi-carême. Mais le fond n’est pas très éloigné de la réalité et d’autres écrits sur le sujet :

« Si Rennes est d’aspect ordinairement morose, il est inexact de dire qu’elle n’aime pas les fêtes. Elle en est sevrée. Dès qu’on lui en offre, naturellement, elle s’y précipite. Nous l’avons bien vu au Mardi-Gras dernier. Une population ne peut demeurer du Premier de l’an à la Saint Sylvestre sans une journée de détente. A Rennes, il n’y a pas une seule journée de détente générale. Plus de Fête des Fleurs, plus rien. Il y a des fêtes particulières, des fêtes sportives, des fêtes de quartiers qui s’adressent à une fraction. Il n’y en a pas qui s’adresse au total des habitants. Il n’y en a pas...sauf la Mi-Carême. Et nous savions bien qu’en organisant celle-ci nous trouverions partout le meilleur accueil. »

A Rennes, en effet, l’organisation de la mi-carême est assumée par les étudiants et leur Association Générale. Mais les finances de cette dernière n’y suffirait pas. Il faut donc chercher d’autres modes de financement. Les commerçants sont particulièrement sollicités. Ils participent financièrement à la réalisation des chars. En contrepartie, leur publicité y est apposée. Ils offrent aussi, semble-t-il, les lots de la tombola. Les billets sont mis en vente dès le mardi-gras et chacun peut alors rêver du gros lot : un bœuf gras ! Ainsi, pour cette mi-carême, la somme versée par les commerçants dépassent 2 500 francs, soit presque le double de 1920. A cela s’ajoutent la subvention de 1 500 francs de la municipalité. C’est donc un budget de 4 000 francs qui est réuni  [12]. La fête peut commencer !

Les réjouissances débutent le samedi soir 5 mars par une retraite aux flambeaux. Des fanfares, des porteurs de torches ou de lanternes vénitiennes, un char d’artifice assurent l’ambiance sonore, sinon musicale, et visuelle. Le lendemain a lieu le défilé. En voici l’ordre prévu par le programme (en pages 4 et 5) :

Peloton de Cavalerie

Rallye-cor [Agri.]

Fanfare d’Artillerie

Panneau du journal l’A

Musique des Mutilés

Landeau du Président de l’Association Générale des Etudiants

Char de S. M. Carnaval Ier

Voiture fleurie

La Pythie de Delphes [Lettres]

Le Char de Bacchus

La Citroën [I.P.B.]

La crise du logement [P.C.N.]

Char des Celtes Osismiens [étud. finistériens]

Musique du 41e d’Infanterie

La Médecine soulageant l’humanité [Médecine]

Cavaliers de Marceau

Groupe d’Artilleurs

Inauguration du stade municipal [commerçants sportifs]

Voiture fleurie

Le poète Touzinaud chez les Peaux-Rouges [Médecine]

Musique Henri IV

Le départ pour la chasse au Tigre [Pharmacie]

Groupe de Richelieu

Le Harem [Médecine]

La pendaison d’un mercanti au Moyen Age [Droit]

Char du cochon gras

Edison communiquant avec les morts [Sciences]

Musique de l’Indépendante

La conférence de Londres [Lycéens]

Tartarin et la tarasque

La taverne du Chat qui miaule [Beaux-arts]

Char du bœuf gras

Cérès [Agriculture]

Voiture-ambulance


Le défilé est donc composé de chars tirés par des chevaux, de groupes de piétons, de groupes de cavaliers et d’ensembles musicaux. Notons que le rallye-cor allie ici les caractères équestre et musical. Il est, en effet, formé d’une douzaine de joueurs de cor de chasse à cheval. Presque tous sont des élèves de l’Ecole d’Agriculture. La population s’est amassée le long du parcours et réagit au passage des groupes. La journée s’achève par le bal des Lices dont l’entrée coûte 3 francs.

De cette journée, les étudiants et les Rennais peuvent conserver un « souvenir ». Un album de photographies des chars est édité par M. Guillot, photographe rue du Pré-Botté  [13]. La publicité en est faite dans L’A du jeudi 17 mars 1921 (n° 8), en page 1, sous la forme d’une courte annonce.

Cette deuxième édition d’après-guerre de la mi-carême étudiante est une réussite. Les bénéfices dépassent 1 000 francs et alimentent deux caisses : celle des œuvres de bienfaisance de la ville, comme l’année précédente, et la caisse du restaurant coopératif universitaire. Elle semble même avoir valeur d’exemple. En effet, si l’on en croit L’A, le succès du carnaval a pour conséquence directe la renaissance de la fête des Fleurs, annoncée pour mai  [14]. Cette autre grande manifestation rennaise, née à la fin du siècle dernier, a été interrompue par la guerre. Pour sa réapparition, l’aide de l’A.G.E.R. est logiquement sollicitée. Mais les étudiants soulignent l’importance de l’effort qu’ils viennent de fournir. Et ils rappellent que la fin de l’année signifie pour eux le temps des examens. Pour ces raisons, ils ne peuvent apporter qu’un concours limité.

En 1922, contrairement à l’année précédente, une Reine est élue. Dans L’A, un article  [15] annonce que « les temps sont changés. Rennes se modernise, [les étudiants ont] trouvé 29, oui 29 candidates, qui n’ont pas craint les “ qu’en dira-t-on ” pour accepter gracieusement [leur] invitation. » Pour le défilé du 26 mars, trente chars sont prévus. Et style='font-style: italic'>L’A se dispense désormais de compte-rendu détaillé puisque la presse quotidienne locale, et l’Ouest-Eclair en particulier, s’en charge.

En 1923, le septième numéro de l’organe de l’A.G.E.R. présente « la police du cortège », le « programme général [16] », trois photos de « sa majesté la Reine et ses Demoiselles d’honneur » et un article sur « les chars [17] ». La police du cortège est annoncée sous la forme d’un règlement de 14 articles. On apprend ainsi que la participation au défilé est réservée aux membres de l’A ou à des personnes présentées par des membres de l’Association. La formation du cortège se fait sur le Champs de Mars. Chaque char est sous la responsabilité d’un commissaire à cheval. Les chars sont rassemblés en trois groupes et chaque groupe placé sous la responsabilité d’un commissaire. Le commissaire général est à la tête du dispositif. Les spectateurs eux-mêmes sont invités à se soumettre au règlement, notamment pour des raisons de sécurité.

Le programme annonce, quant à lui, la « traditionnelle » retraite aux flambeaux du samedi soir animée par la musique du 41e Régiment d’Infanterie. Le lendemain, les festivités débutent, à 10 h, par la réception du comité de l’A.G. de Nantes, invité pour l’occasion. Le cortège est prévu l’après-midi. Vers 17 h, doit avoir lieu la réception à la mairie. Puis, vers 18 h, les comités des Associations de Nantes et de Rennes sont attendus dans les locaux de L’Ouest-Eclair, accompagnés de la Reine et des demoiselles d’honneur. Elles doivent recevoir, des mains de M. E. Desgrées du Loù, la dot qui leur est offerte par le journal. Enfin, le soir, les réjouissances prendront fin avec le bal.

Ainsi, d’une année à l’autre, les fêtes de la mi-carême se succèdent et se ressemblent, au moins sur un point : les étudiants quêtent puis défilent joyeusement. Pourtant, l’humour de la jeunesse peut choquer. Ainsi, en 1927, l’affiche apposée sur les murs de la ville et annonçant la mi-carême n’est pas du goût de tout le monde. Elle représente un buste de femme nue. L’Association se défend et dénonce cette nouvelle expression de la « pudibonderie locale  [18] ». Mais en 1933, la cavalcade du mardi-gras succombe et la mi-carême souffre de la crise. Les étudiants se plaignent de n’avoir « pas trouvé l’aide et l’appui qui leur étaient nécessaires » notamment de la part du public. « Malgré tout, la longue cavalcade des chars et des groupes costumés a parcouru la ville dans tous les sens [19] ».

Mais déjà en 1932, les étudiants s’interrogeaient :

« Qu’est-ce que notre Mi-Carême ? Dans la plupart des villes universitaires, c’est une fête municipale à laquelle les étudiants prêtent leur concours. Ici, c’est le contraire : c’est une fête des étudiants à laquelle la ville prête son concours. Ne me dites pas que c’est la même chose ; nous pourrions vous opposer des chiffres : nous recevons une subvention de 1 000 francs. »

En 1937, les modifications soulignées semblent plutôt positives. Le défilé compte ainsi une voiture, une Renault-1907 prêtée par les établissements Pierrot. En outre, le cortège est immortalisé sur pellicule. Et il est prévu de projeter le film sur l’écran de l’Excelsior à la rentrée des vacances de Pâques [20]. En attendant, L’A offre à ses lecteurs une « mi-carême illustrée » sous forme de dix photos de chars et de membres de la commission des fêtes [21].

Malgré tout cela, le carnaval étudiant semble souffrir d’un déficit d’image. Plusieurs indices le laissent penser en 1938. Le commissaire des fêtes signe une véritable mise en garde « à propos de la mi-carême [22] ». Ferragu dénonce le détournement trop fréquent d’une partie de l’argent versé par les commerçants et destiné à la construction des chars. Désormais, les deux ou trois étudiants, désignés dans chaque corporation pour quêter, seront munis de cartes et de billets de souscription permettant leur contrôle. « Ces étudiants auront comme récompense de leur travail les 10 % de la somme perçue. » L’argent collecté sera remis à l’Association Générale pour être redistribué en parts égales aux différentes corporations. Celles-ci devront remettre un devis de leur char afin d’être contrôlées.

L’objectif de la commission des fêtes est clair : utiliser au mieux et surtout intégralement, l’argent de la quête afin de ne plus voir de chars « minables » et des commerçants rennais « dégoûtés » de donner. La volonté est de « remonter le prestige de la Mi-Carême, (et il faut espérer que nous y arriverons) ». Quelques jours avant le début des festivités, un appel est lancé « aux étudiants » par le biais de leur journal [23] :

« Le bureau de l’A.G. et la Commission des fêtes demandent instamment à tous les étudiants de faire tous leurs efforts pour que soit réussie cette Mi-Carême.

On leur demande d’abord et surtout de ne pas transformer le défilé et la fête en orgie et en beuverie sans nom. [...] »

Un autre abus, celui d’alcool, est souligné ici pour être corrigé. En outre, il apparaît que tous les étudiants ne s’impliquent pas dans la préparation et le déroulement de la fête. Le président de l’A.G.E.R. lui-même, signe un article encourageant les étudiants à participer aux festivités [24]. Il est vrai qu’en cette année 1938, la mi-carême s’intègre dans un vaste programme, en France, en faveur du sanatorium des étudiants tuberculeux. Malgré toutes les mesures prises, les recommandations et les encouragements, le succès n’est pas complet et la déception se lit dans L’A [25]. En 1939, sans le savoir, les Rennais voient se dérouler la dernière mi-carême avant la guerre.

B. Les bals, revues théâtrales, émissions de radio...

Depuis longtemps, Rennes traîne la réputation d’être une ville tranquille voire triste. Pourtant, ses habitants n’ont que l’embarras du choix lorsqu’il s’agit de profiter des occasions de se divertir. Si la fréquentation des bals représente l’activité la plus courue, les Rennais se déplacent aussi pour les pièces de théâtre, concerts, films cinématographiques, etc. Les étudiants ne sont pas les derniers à profiter de toutes ces distractions. Et ils se placent même souvent au premier plan lorsqu’il s’agit de les organiser. On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

Les matinées et soirées

La première vocation de l’A.G.E.R. et des corporations qui la composent est de regrouper les étudiants, d’entretenir entre eux des liens de camaraderie. C’est donc d’abord dans cette optique que s’élaborent les diverses réunions d’étudiants. Ainsi en décembre 1919, l’association des étudiants en lettres « a recommencé depuis quelques temps déjà ses “ five o’clock teas ” intimes avec plus d’entrain que jamais ». Les carabins, eux, se retrouvent pour un punch, le 27 novembre, dans les salons Gaze, le soir de l’examen et avant le départ de beaucoup d’anciens[26]. Il semble bien que ce soit des habitudes d’avant-guerre qui soient reprises ici.

Sur toute la période, les littéraires restent attachés à leurs « thés ». Ils permettent de se rencontrer entre étudiants mais aussi, parfois, de côtoyer les professeurs lorsqu’ils sont invités. Il faut se rappeler que les effectifs dans les facultés sont faibles. Par conséquent, ces réunions revêtent un caractère presque familial. Voici un extrait du compte-rendu d’un thé des littéraires. Nous le devons à la plume de Pierre-Jakez Hélias caché alors sous le pseudonyme de Le Pohu [27] :

« Le thé du 5 décembre a rendu à la vie une corporation qui n’avait pas su auparavant retrouver dans ses individus le vieil instinct grégaire. On pourrait dire que les délices de la table ont fait ce que n’avaient pu réaliser ni les appels aux assemblées générales, ni les diverses convocations ; s’il ne s’agissait, en l’occurrence, d’un simple thé, chose d’un attrait bien faible et d’une bien pâle séduction. Mais où serait le mérite des étudiantes et des étudiants s’ils n’avaient daigné révéler leur existence et manifester leur solidarité que pour l’amour d’un festin de Trimalcion ?

[…] »

Les thés ne sont cependant pas l’apanage exclusif des étudiants de la place Hoche puisque les juristes ou les étudiants en sciences organisent des thés dansants. La formule du punch n’est pas non plus uniquement réservée aux étudiants en médecine. Mais chez eux, le punch annuel offert aux professeurs est un rendez-vous important. Il a généralement lieu en janvier ou février. Dans L’A on peut ainsi lire à propos de celui du 8 janvier 1922 : « C’est une tradition. Tous les ans, invariablement, la Corpo de Médecine rassemble professeurs et étudiants autour d’un punch. Tous les ans il y a foule. C’est une bonne tradition [28]. »

D’autres réjouissances sont plus largement ouvertes puisqu’elles s’adressent aussi à la population rennaise. C’est le cas des nombreux bals organisés, tout au long de l’année, par les étudiants des différentes corporations. Ces matinées ou soirées dansantes se déroulent la plupart du temps dans les salons Gaze, rue Poullain-Duparc. Mais d’autres salles les accueillent comme les salons de l’hôtel Duguesclin, place de la gare, ou ceux de l’Hôtel Moderne, quai Lamenais. Certains des bals sont présidés par les directeurs d’école ou doyens de faculté.

Dans certains cas, les cartes d’entrée doivent être retirées auprès de « dames patronnesses » dont la liste est publiée dans L’A ou les quotidiens locaux. Il faut alors montrer patte blanche pour faire partie de l’assemblée triée sur le volet. Mais ces dames patronnesses ont une autre fonction lors des soirées. Paradoxalement, elle est dévoilée ici parce qu’elles ne l’ont pas assumée. Ainsi, le 9 février 1925, suite à un bal, le « Comité regrette que les dames patronnesses se soient “ encroûtées ” sur leurs chaises au lieu de présenter les jeunes-gens aux jeunes-filles [29]. »

L’Association Générale organise aussi ses bals. On a déjà évoqué ceux qui mettent un terme aux festivités du mardi-gras ou de la mi-carême. D’ailleurs, les autres grandes fêtes rennaises, comme celle des fleurs, s’achèvent aussi par un bal qui se tient, en général, aux Lices. Les bals de l’A sont généralement marqués d’un caractère beaucoup plus officiel que les bals des corporations et bénéficient du patronage de hautes personnalités. En outre, ils sont organisés au profit d’œuvres de bienfaisance. Cette pratique est répandue à l’époque. Parfois, ce sont à des concerts que l’A.G.E.R. convie le public. Ainsi, le 2 février 1920, l’A organise une soirée-concert dans la salle de l’Alhambra-Ciné-Palace rennais. Elle est placée sous la présidence d’honneur de M. Janvier, maire de Rennes et de M. Gérard-Varet, recteur d’académie. Les bénéfices doivent alimenter la caisse du « comité de secours aux indigents [30] ». Le 30 avril 1921, le bal de l’Association se tient dans les salons Gaze [31].

A partir de 1923, c’est dans les salons de l’Hôtel de Ville que se tient le grand bal annuel de l’A [32]. Ce n’est pourtant que l’année suivante qu’est mentionné le caractère « traditionnel » de cette manifestation : « L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais reprend ainsi une vieille coutume interrompue depuis la guerre : autrefois, en effet, le bal de l’A avait lieu chaque année à la Mairie et connaissait un brillant succès [33] ». Le compte-rendu de L’A laisse imaginer l’ambiance mondaine qui y règne : « M. Daniel, maire de Rennes, et notre Président Colas-Pelletier étaient au haut de l’escalier d’honneur à recevoir leurs invités parmi lesquels on remarquait un grand nombre de personnalités rennaises ». Lors de cette soirée en faveur du sanatorium universitaire, 3 000 francs sont récoltés.

Rapidement, un deuxième bal annuel organisé par l’A.G.E.R. s’ajoute à celui de l’Hôtel de ville, toujours au profit du sanatorium. Mais à la fin des années trente, leur prestige semble s’être atténué. A ce titre, l’annonce, en 1938 [34], du premier bal de l’A signée Jean Loïc, est parlante :

« Je sais qu’il est une vieille légende au sein des milieux “ biens ” de Rennes que le bal de l’A est une orgie sans nom, pas tout à fait le bal de l’Internat, mais... [...] Un bal n’est pas pour nous qu’un simple sujet à débauche : les deux soirées que nous faisons chaque année sont décidées pour donner quelques ressources à notre sanatorium. »

L’animation de tous ces bals est assurée par des orchestres. Les musiciens qui les composent sont la plupart du temps des étudiants. Dès 1920, deux d’entre eux, Boisnière et Blanc dirigent un jazz-band et recrutent par le biais de L’A [35].

En 1924, l’annonce d’un bal est accompagnée de la photo d’un orchestre nommé Les Cunelli [36]. On y voit six musiciens dont cinq portent le béret des étudiants. Le créateur de la formation est Jean Le Cun, étudiant en médecine. En 1926, l’orchestre s’illustre en animant des bals donnés en faveur du sanatorium des étudiants, à Rennes, Laval, Fougères et Vitré [37]. A titre de récompense, l’année suivante, Le Cun est nommé membre honoraire du sanatorium par l’Union Nationale [38].

La relève des Cunelli est annoncée en décembre 1926 : « Les Eudelli, orchestre d’étudiants, saura continuer l’œuvre si bien menée par les Cunelli. Déjà ils ont fait leurs preuves et ils seront dignes de leurs aînés [39] ». C’est pourtant une autre formation d’étudiants-musiciens qui va marquer de son empreinte les années à venir, sous le nom de Lily’s Orchestra. Ce « nouveau jazz d’étudiants » naît également à la rentrée 1926. Il se compose alors d’un pianiste, de deux violonistes, d’un joueur de banjo et d’un batteur [40]. Le groupe devient rapidement incontournable. Il anime la très grande majorité des bals donnés par les corporations ou l’Association Générale, à Rennes ou ailleurs. En 1933, un article de L’A [41] souligne un succès sans équivoque :

« Dans le Phare de la Loire du 19 décembre nous avons découpé cet entrefilet d’un article sur le bal des étudiants nantais. Nous pouvons assurer qu’il n’est pas signé par le chef de publicité du Lily’s Orchestra.

Le Comité avait fait venir de Rennes quatorze étudiants, médecins, pharmaciens, ingénieurs, avocats ou notaires... futurs, qui ayant la passion de la musique joyeuse se groupèrent et formèrent un orchestre que, naturellement pour être à la mode, ils nommèrent “ Lily’s Orchestra ”. Ils s’habillèrent de blanc, mirent tantôt une cape d’argent, tantôt un chapeau de paille, et déchaînés, d’un déchaînement pourtant mesuré, ils emplirent les vastes salles des accords de leurs instruments et des rafales de leur jazz, se détachant sur un fond de velours beige.

Jehan Rutelli et ses Escholiers ont vraiment du talent. Ils l’ont prouvé amplement dans leurs sketches d’entr’acte où une gaîté folle s’alliait avec une sentimentalité qui mettait une légère note attendrie d’un effet très heureux. »

Le Lily’s Orchestra est encore mentionné en 1937.

Vers 1930, les étudiants de l’Ecole Nationale d’Agriculture dansent sur les musiques de leur Agri-jazz. Les notes produites par ce dernier sont sans doute plus harmonieuses que celle de l’autre formation musicale des « Agris » : le Rallye-cor. Ce groupe de joueurs de cor de chasse se produit la première fois lors de la mi-carême 1921. Son initiateur pourrait en être un certain Vieux Jacques, « grand trompeur » et maître « des nombreux adeptes qu’il a créés chez les Agricoles en fondant l’Eléphant d’Arvor [42] ». Le Rallye-cor a une place à part puisqu’il n’a pas pour fonction d’animer des soirées dansantes. Il « sonorise » en revanche très bien les monômes ou autres manifestations de chahut !

Il semble que l’année scolaire 1937-1938 soit marquée par l’arrêt de l’activité du Lily’s Orchestra. En effet, à la fin de l’année, un nouvel « embryon de jazz » est en formation. Et la naissance du Tip-Top, aidée par « l’appui moral et financier de l’A.G.E.R. », est officialisée dans L’A en janvier 1939 [43].

Les revues théâtrales

Le dynamisme des étudiants s’exprime encore sous d’autres formes. Les revues théâtrales qu’ils organisent et présentent au public rennais en sont un exemple. Le mouvement est lancé par les élèves de l’Ecole d’Agriculture en 1928. Puis, l’année suivante, vient le tour des étudiants en pharmacie qui montent une « grande revue pharmaceutique et estudiantine ». Son titre, « En vert et contre tous », fait référence à la couleur verte que les potards portent sur leur béret d’étudiant. Les maîtres d’œuvre du projet sont Henri Vacher et Julien Tanguy dit Zimmer, tous deux étudiants en pharmacie. Outre la publication de la scène III [44], L’A propose un compte-rendu signé Did’ [45] dont voici quelques extraits :

« Comme le disait René Benjamin : “ Les revues d’école ont un rôle social. ” Elles ont le grand mérite de permettre aux étudiants de dire bien haut et sans amertume ce qu’ils pensent de leurs professeurs et aux professeurs de faire connaissance avec leurs petits ridicules, sans que, d’ailleurs, ils puissent s’en scandaliser une minute ; enfin elles réjouissent les spectateurs par leurs astuces pleines d’une verve jeune et bon-enfant.

C’est un genre auquel le public rennais n’était pas habitué avant l’an dernier et félicitons-le dès l’abord d’avoir fait si bon accueil à ces manifestations de franche gaîté.

L’an dernier, les Agris ont eut le courage de présenter au grand public une revue d’école faite et jouée entièrement par eux [...].

Les Potards ont relevé le gant et à leur tour, ils ont, en l’espace de quelques semaines, composé, monté et présenté une revue pleine de fraîcheur et d’esprit qui a été très applaudie samedi soir 16 février, aux salons Gaze.

[...]

Rien n’a été passé sous silence ! Il fallait parler des professeurs, du personnel, des étudiantes, des étudiants, du Comité, des pharmaciens de la ville et de leur clientèle, de l’A.G. et du journal l’A (où les potards occupent une place si vivante). »

En mars 1931, l’Association Générale se lance aussi dans l’aventure d’une revue. René Herbault, le commissaire des fêtes de l’année passée, apporte son expérience en coordonnant les préparatifs. La revue « Hop l’A » bénéficie aussi de l’énergie et des talents de parolier et d’acteur de Zimmer. Des artistes de la ville mettent même leurs compétences au service des étudiants pour ce qui est annoncé, par le journal de ces derniers, comme « un nouveau succès pour l’A.G.E.R. [46] ».

En 1932, les 8, 9 et 10 avril, une nouvelle revue de l’Association Générale est présentée aux Rennais. Sous le titre « Boum ! vois l’A », elle est jouée au théâtre municipal de Rennes [47]. Il faut ensuite attendre avril 1938 pour que l’A.G.E.R. monte une nouvelle revue : « L’A tout pique ». Deux séances, les samedi 2 et dimanche 3, ont lieu au théâtre municipal [48]. L’année suivante, l’Association présente une nouvelle revue, « entièrement écrite et interprétée comme la précédente par des étudiants [49] ». « L’A Rennes joyeuse » est à l’affiche au théâtre municipal les samedi 25 et dimanche 26 mars.

Radio-Rennes

Les étudiants font également du bruit sur... les ondes. En effet, sans complexe, certains d’entre eux s’emparent du nouveau support que représente la radio. En mars 1930, l’organe des étudiants rennais [50] fait paraître l’annonce suivante :

« Samedi 22 mars

A Radio-Rennes P.T.T., à 20 h 30

Soirée radiophonique organisée par le journal l’A.

Comédie, Disques, Sketch radiophonique. Tous à l’écoute. »

Le 6 décembre, une nouvelle « soirée radiophonique estudiantine » a lieu. L’A[51]publie un compte-rendu des deux heures d’émission. Leurs auteurs appartiennent à la troupe estudiantine le « Pou qui hurle ». D’autres émissions suivent. Mais en mars 1931, une polémique les concernant s’engage et va s’éterniser. Dans le numéro 7 de L’A [52], un article dénonce la volonté de censure de la Chambre de Commerce parue dans un article de L’Ouest-Eclair. Le numéro 8 de l’organe de l’A.G.E.R. [53] reprend le débat :

« Dans notre dernier numéro, nous avions stigmatisé comme il convenait la ridicule prétention émise par la Chambre de Commerce de contrôler le texte et les rimes des chansons qui font le plaisir bi-mensuel des auditeurs de Radio-Rennes.[...]

Les Etudiants Rennais – les premiers en France – organisent depuis l’année dernière des soirées radiophoniques avec le concours du “ Pou qui hurle ”, société créée à cet effet au sein de l’A.G.E.R. C’est ainsi qu’ils jouèrent le 7 mars le fameux “ Boubouroche ” de l’immortel Courteline. Personne n’y trouva à redire. Les auditeurs furent satisfaits, les acteurs aussi. Je dois cependant ajouter par souci d’exactitude, que le “ Pou qui hurle ” avait reçu deux jours auparavant une lettre de la Direction des P.T.T. demandant de procéder aux coupures nécessaires pour permettre aux “ oreilles jeunes ” l’audition de cette comédie.

[Suit une argumentation sur le refus de principe de toucher à une œuvre.]

L’autre soir, l’“ assemblée des Amis de Radio-Rennes et des pères de famille réunis ” vint, au cours de la discussion, à passer en revue les programmes des semaines écoulées. Naturellement, la question de “ Boubouroche ” fut immédiatement soulevée par un monsieur aux allures graves qui, d’une voix émue et indignée, protesta contre la diffusion de cette pièce, laquelle serait, d’après lui, “ immorale et contraire aux bonnes mœurs ”. Dans votre candeur naïve, vous avez déjà pensé que tous les assistants lui éclatèrent de rire au nez. C’est mal connaître l’esprit du Conseil d’administration. Chacun opina du bonnet et en moins de deux Courteline fut jugé, pesé et précipité aux enfers. [...]

Si ces pères de famille, évidemment anonymes, avaient un brin de bon sens, au lieu de faire, au nom d’une vertu contestable, un tapage insensé, ils se contenteraient d’envoyer leurs gosses au lit et, pour leur sauvegarde personnelle, de tourner leurs condensateurs d’une manière adéquate à recevoir les concerts de postes plus pudibonds. [...] »

Dans le numéro 9 de L’A [54], c’est le rédacteur en chef du journal qui monte au créneau : Gaston Tannou renouvelle les critiques à l’encontre du conseil d’administration de Radio-Rennes. Puis d’autres articles contre la censure sont publiés. Et le débat « autour de Radio-Rennes » rebondit une fois encore en janvier 1932 [55]. De toute évidence, la verve des étudiants n’est pas du goût de tout le monde. Elle choque avant tout « les pères de famille ». Or ceux-ci semblent particulièrement intransigeants lorsqu’ils définissent et défendent les « bonnes mœurs ».

Le problème, dans le cadre de Radio-Rennes, est que les productions estudiantines sont audibles par l’ensemble de la population, par un public qui n’est pas forcément averti. Ce n’est pas le cas, par exemple, des revues qu’on peut choisir d’aller voir ou pas. Le deuxième point est qu’une censure des textes en amont est beaucoup plus aisée. Et les membres du conseil d’administration ne s’en prive pas. Dans le journal L’A, les facéties du mardi-gras ou les revues, il n’existe qu’une auto-censure faite par les étudiants. Mais il est sûr, et d’autres cas nous l’on montré, qu’y demeurent certains traits mal perçus, au moins par une partie des Rennais.

Mais la provocation fait aussi partie de l’esprit estudiantin. Et l’étudiant a d’autres atouts pour se distinguer du commun des « pékins ». Il s’est donné des symboles. Son béret est le plus visible.



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[1] [sans auteur] « Les fêtes du Mardi-Gras », L’A n° 5 L. 23 février 1920, p. 3

[2] [sans auteur] « Les fêtes de la Mi-Carême », L’A n° 7 L. 22 mars 1920, p. 1

[3] [sans auteur] « Ce que fut le Mardi-Gras », L’A n° 6 J. 17 février 1921, pp. 1 et 2

[4] L’A, « Un Mardi-Gras rapidement improvisé qui fut réussi », L’A n° 7 J. 2 mars 1922, p. 1

[5] [sans auteur] « Le Mardi-Gras à Rennes. La mission Haard-Audouin-Dubreuil à Rennes », L’A n° 5 J. 7 février 1923, p. 1

[6] L’A n° 6 J. 22 février 1923, pp. 1 et 2

[7] L’A, « Mardi-Gras 1925 », L’A n° 5 J. 12 février 1925, p. 1

[8] Géant Ptolémée, « Mardi-Gras 1931 », L’A n° 5 J. 12 février 1931, p. 3

[9] A. C., « Le Mardi-gras est mort. Vive la Mi-Carême », L’A n° 6 J. 23 février 1933, p. 9

[10] [sans auteur] « La question de la Reine », L’A n° 7 J. 3 mars 1921, p. 2

[11] [sans auteur] « Remerciements »,L’A n° 7 J. 3 mars 1921, p. 3

[12] [sans auteur] « La fête des Fleurs », L’A n° 12 J. 19 mai 1921, p. 2

[13] BMR – 44 315 : « Souvenir de la Mi-Carême “ des Etudiants ” - 1921 », album photographique

[14] L’A, « Après la Mi-Carême, avant la Fêtes des Fleurs », L’A n° 8 J. 17 mars 1921, p. 1

[15] Hans Hanfoutan et Henri Canan, « Avant la Mi-carême », L’A n° 8 J. 16 mars 1922, p. 1

[16] [sans auteur] « La police du cortège » et « Programme général », L’A n° 7 J. 8 mars 1923, p. 1

[17] [sans auteur] « Sa majesté la Reine et ses Demoiselles d’honneur » et Le Char rieur, « Les chars », L’A n° 7 J. 8 mars 1923, p. 3

[18] L’A, « Pudibonderie locale », L’A n° 8 J. 24 mars 1927, p. 4

[19] Claude, « La Mi-Carême », L’A n° 9 J. 6 avril 1933, p. 4

[20] [sans auteur] « Mi-Carême 1937 », L’A n° 8 J. 11 mars 1937, pp. 1 et 2

[21] « Mi-Carême illustrée », L’A n° 8 J. 11 mars 1937, p. 10

[22] Le Commissaire des Fêtes, « A propos de la Mi-Carême », L’A n° 4 J. 17 février 1938, p. 12

[23] [sans auteur] « Aux étudiants », L’A n° 6 J. 24 mars 1938, p. 3

[24] LOYER J.- P., « Mi-Carême », L’A n° 6 J. 24 mars 1938, p. 12

[25] Jean Frederik, « Les fêtes de la Mi-Carême », L’A n° 7 J. 31 mars 1938, p. 1 et LOYER J.- P., « Regards en arrière », p. 9

[26] Aleph, « En zig-zag dans les Facultés – Nouvelle des “Lettres” » et Le concierge de la colonne, « La colonne des carabins », L’A n° 1 L. 22 décembre 1919, p. 3

[27] Le Pohu, « Le thé des lettres », L’A n° 2 J. 17 décembre 1936, p. 6

[28] [sans auteur] « Corporative de Médecine – Le punch », L’A n° 6 J. 16 février 1922, p. 4

[29] 1 J 40 : Registre, séance du 9 février 1925

[30] [sans auteur] « Deux soirées en perspective », L’A n° 3 L. 26 janvier 1920, p. 1

[31] [sans auteur] « Les bals », L’A n° 10 J. 21 avril 1921, p. 1

[32] [sans auteur] « Bal de l’Hôtel de Ville », L’A n° 3 J. 11 janvier 1923, p. 8

[33] [sans auteur] « Le Bal de “l’A” », L’A n° 10 J. 15 mai 1924, p. 3

[34] Jean Loïc, « Le premier bal de l’A », L’A n° 2 J. 20 janvier 1938, p. 2

[35] [sans auteur] « Appel », L’A n° 5 L. 23 février 1920, p. 2

[36] [sans auteur] « Si vous voulez vous amuser – Allez voir, allez entendre les Cunelli », L’A n° 10 J. 15 mai 1924, p. 3

[37] [sans auteur] « Les Bals pour le Sanatorium », L’A n° 8 Merc. 21 avril 1926, p. 5 et
[sans auteur] « Dans la région », L’A n° 9 Merc. 12 mai 1926, p. 7

[38] [sans auteur] « Un qui s’en va – Jean Le Cun », L’A n° 10 J. 5 mai 1927, p. 4

[39] [sans auteur] « Les Eudelli », L’A n° 1 Merc. 1er décembre 1926, p. 3

[40] [sans auteur] « Lily’s Orchestra », L’A n° 2 Merc. 15 décembre 1926, p. 7

[41] [sans auteur] « Lily’s Orchestra », L’A n° 4 J. 26 janvier 1933, p. 1

[42] Art Gil, « Notion sur le cor », L’A n° 5 J. 21 février 1924, p. 5

[43] Zizique, « Enfin, on l’a !... », L’A n° 3 J. 19 janvier 1939, p. 2

[44] [sans auteur] « “ En vert et contre tous ” – Revue pharmaceutique représentée le 16 février 1929 », L’A n° 6 J. 21 février 1929, p. 4

[45] Did’, « En vert et contre tous », L’A n° 6 J. 21 février 1929, p. 2

[46] [sans auteur] « Un nouveau succès pour l’A.G.E.R. », L’A n° 8 J. 26 mars 1931, p. 11

[47] [sans auteur] « La cité universitaire – Scène extraite de la grande revue locale “Boum, vois l’A” », L’A n° 8 J. 21 avril 1932, p. 1 et Jephté, « Représentations triomphales », p. 2

[48] Le Comité, « Notre revue », L’A n° 7 J. 31 mars 1938, p. 10 et
J. F., « Notre revue – L’A tout pique », L’A n° 8 J. 5 mai 1938, p. 9

[49] Le Comité, « Notre revue – L’A Rennes joyeuse », L’A n° 8 J. 23 mars 1939, p. 1

[50] [sans auteur, sans titre] L’A n° 6 J. 6 mars 1930, p. 1

[51] Jephté, « A Radio-Rennes – la soirée radiophonique estudiantine », L’A n° 2 J. 18 décembre [1930], p. 2

[52] TANNOU J. F., « A propos d’un article de “L’Ouest-Eclair” – Réponse à la chambre de Commerce », L’A n° 7 J. 12 mars 1931, p. 3

[53] [sans auteur] « Notre chronique locale – Toujours à propos de Radio-Rennes », L’A n° 8 J. 26 mars 1931, p. 3

[54] [sans auteur] « A Radio-Rennes », L’A n° 12 J. 25 juin 1931, p. 2

[55] G. F. T., « Un débat qui s’éternise. Autour de Radio-Rennes », L’A n° 3 J. 28 janvier 1932, p. 2


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